|
Ndiyo Bwana
« Oui, Chef ! » crie un jeune recrue de l’armée à son Sergent-chef. Peu importe qu’il lui dise de sauter à dix mètres d’un mur, il est prêt à exécuter. Sur les chantiers de construction à Bujumbura, j’aime comment les maçons et les aide-maçons répondent à leur contracteur : « Oui, Patron ! Oui, Boss ! » Dans une société bâtie sur une culture de dictature et de coup d’état, il est intéressant de voir comment les chrétiens évangéliques se comportent sous l’autorité de leurs bergers.
Dans l’Église catholique romaine, l’Église Anglicane, l’Église Pentecôte ou l’Église méthodiste, des cas de « rébellions » ou de « défections » sont très rares ou inexistants. Ces églises ont établi des structures solides, capables de contrer toute personne qui veut semer le désordre. Dans les plusieurs églises évangéliques non-dénominationelles que comptent le Burundi , l’Afrique et le reste du monde, ces désordres ou rébellions sont monnaie courante. Il est rare de voir une église évangélique non-dénominationelle qui n’a pas vue un groupe considérable de membres quitter l’église . Généralement, ils ouvrent dans la même ville une autre église sous la direction d’un des proches collaborateurs du pasteur principal (pasteur senior). En politique, on les appellerait Parti A-Aile Pasteur Senior et Parti A-Aile Pasteur Autoproclamé.
Ainsi, un climat de méfiance s’installe dans le corps pastoral de l’église du Pasteur Senior, et même dans tout le Corps du Christ de cette ville. Beaucoup de pasteurs deviennent des dictareurs dans leurs églises et régnent en maître absolu pour mieux contrôler et contrer toute tentative de rébellion. Des fois, je dis bien des fois, ce sont ces pasteurs en question qui créent le vide autour d’eux par leur méfiance ou leur leadership dictatorial. Ainsi, plus il y a de rébelles, plus les pasteurs sont blessés et apprennent à se méfier, et plus la méfiance à son tour vide l’entourage du leader spirituel, et ainsi de suite , ainsi de suite. Ce cercle vicieux plait au diable et il ricanne dans son coin en nous regardant nous combattre les uns les autres.
Pourquoi alors de tels comportements ? Qui est à l’origine de cela ? La médaille d’or va au diable . Notons en passant qu’il a pu créé le désordre au ciel, entrainant un tiers des anges avec lui, un vrai spécialiste. La médaille d’argent va au chrétien, qui ignore les fondements bibliques de la soumission et qui est animé par la « désobéissance adamique ». La médaille de bronze va finalement au leader spirituel. Mais que faire alors ? On ne peut pas continuer à assister à ces spectacles qui déshonorent le Corps de Christ. L’Église doit continuer à enseigner sous une base régulière les principes de base de soumission aux autorités.
Autorité selon la Bible
Peu importe que l’autorité spirituelle soit bon ou mauvais, hélas, c’est un Oint de Dieu, votre soumission doit être sans conditions. Il n’y a pas un homme sur cette terre qui soit parfait. Nous sommes tous des pécheurs et nous nous trompons souvent. J’ai compris dans ma vie chrétienne que la soumission est différente de l’obéissance. La soumission est un état du cœur tandis que l’obéissance est un acte, une action. On peut obéir sans que l’on soit nécessairement soumis, et on le voit souvent dans le monde séculier. Mais à l’église, tout se passe dans le cœur. Dis-moi ce que tu as sur le cœur et je te dirai qui tu es. Voyons un cas d’insoumission dans la Bible et ce que Dieu a fait.
Nombres 12.1-10 : 1 Marie et
Aaron parlèrent contre Moïse au sujet de la femme éthiopienne qu'il avait
prise, car il avait pris une femme éthiopienne.2 Ils
dirent: Est-ce seulement par Moïse que l'Éternel parle? N'est-ce pas aussi par
nous qu'il parle? 3Et
l'Éternel l'entendit. Or, Moïse était un homme fort patient, plus qu'aucun
homme sur la face de la terre. 4 Soudain l'Éternel dit à
Moïse, à Aaron et à Marie: Allez, vous trois, à la tente d'assignation. Et ils
y allèrent tous les trois.5L'Éternel descendit dans la
colonne de nuée, et il se tint à l'entrée de la tente. Il appela Aaron et Marie,
qui s'avancèrent tous les deux. 6 Et il dit: Écoutez
bien mes paroles! Lorsqu'il y aura parmi vous un prophète, c'est dans une
vision que moi, l'Éternel, je me révélerai à lui, c'est dans un songe que je
lui parlerai. 7Il n'en est pas ainsi de mon serviteur
Moïse. Il est fidèle dans toute ma maison. 8 Je lui
parle bouche à bouche, je me révèle à lui sans énigmes, et il voit une
représentation de l'Éternel. Pourquoi donc n'avez-vous pas craint de parler
contre mon serviteur, contre Moïse? 9 La colère de l'Éternel
s'enflamma contre eux. Et il s'en alla.10 La nuée se
retira de dessus la tente. Et voici, Marie était frappée d'une lèpre, blanche
comme la neige. Aaron se tourna vers Marie; et voici, elle avait la lèpre.
Bien aimé, oui, Dieu peut te frapper quand tu entres dans la rébellion face à ton leader spirituel. Marie et Aaron étaient sœur et frère de Moïse. Moïse avait mal agi car la loi interdisait à un juif de prendre une femme étrangère, c’est-à-dire, non juive. Mais Moïse, sous le charme habituel de nos africaines a succombé. Mais Dieu a frappé Marie et a épargné Aaron, surêment qu’il s’était répenti (il était ministre du culte à la tente d’assignation). Moïse demanda pardon à Dieu pour sa sœur. Marie fût exclue du camp pendant 7 jours et Moïse réçut l’ordre d’arrêter la marche vers la terre promise des centaines de milliers de personnes pour l’attendre et la réintégrer. Wow !
Couverture spirituelle
Quand tu entres dans la rébellion ou la désobéissance, tu n’as plus de poids dans le monde spirituel. Ton attitude est celle qui a coûtée la gloire de Satan pour devenir un démon du mal. Ton pasteur est une couverture spirituelle peu importe ses défauts. Ta sécurité et ta croissance spirituelles dépendent de lui. Si Dieu t’a appelé au ministère, sache que ta vie est liée à cet homme ou cette femme. Il est le berger qui défend les brébis contre les loups ravisseurs. Il est ton berger. Moïse a prié et a demandé pardon à Dieu pour ce que sa sœur a fait.
Ta désobéissance ou rébellion a des conséquences terribles sur l’assemblée quand tu es un leader. Le peuple d’Israël dût arrêter la marche. C’est la même chose à l’église, tu retardes l’avancement du ministère. J’ai vu des gens découragés, amers, d’autres quitter l’église parce qu’ils sont contre « Paul ou Apollos. » C’est toujours le petit peuple qui subit les conséquences.
Quand il y a des incompréhensions ou des désaccords, il est important d’établir des moments de dialogue franc et saint, dans l’amour. Si un frère a péché, reprends-le dans l’amour nous dit la Bible. Si c’est un leader, parle moins et prie beaucoup . Il ne faut jamais dormir avec notre colère. Appliquons la parole de Dieu et pardonons-nous les uns aux autres. Le pardon, même s’il est forcé, ouvre la voie du dialogue et du respect mutuel.
Je terminerai en disant ceci. Peu
importe ce qui arrive, peuple de Dieu : « n’abandonnons pas notre
assemblée comme c’est la coutume de quelques-uns, mais exhortons-nous
mutuellement, et cela d’autant plus que vous voyez le Jour (du retour de Jésus)
s’approcher » Heb 10.25. Ne nous soumettons pas aux exemples atroces des
coups d’état et de rébellions de notre pays. À l’église, la démocratie sans
l’Esprit de Dieu est un esprit de désordre. Apprenons à être des NDIYO BWANA (Oui Chef !) et soumettons-nous les uns aux autres dans la crainte de
Christ (Ep 5. 21). Christ a donné les leaders d’Ep 4.11 pour l’édification du
corps de Christ et non pour le déchirer. Si la séparation est inévitable et
décidée, qu’elle se fasse dans la paix, et sous le conseil des Anciens ou
serviteurs crédibles du Corps de Christ. Chaque leader, avant d’entrer en
service devrait subir un test d’humilité, comme c’était le cas pour les diacres
dans l’église primitive. Je vais finir
en vous relatant une causerie que le grand prédicateur Charles Spurgeon a fait
à ses étudiants dans son École Pastorale :
« Au hasard d’une conversation, j’entendis parler du cas singulier d’un jeune candidat au champ missionnaire. Le principe me parut intéressant même si la manière me repoussa. Le responsable chargé de l’examen lui demanda de se présenter le lendemain matin à six heures. Le postulant vivait très loin mais arriva à l’heure exacte. Or le responsable ne parut pas avant plusieurs heures. Le jeune frère attendit avec perplexité mais patience. Enfin, notre homme arriva et commença : « Ainsi, vous dites aimer le Seigneur Jésus-Christ et avoir fait des études, bien, nous allons voir. Épelez-moi le mot chat. » Le jeune homme, interloqué à l’absurdité de la question, hésita entre l’indignation et la soumission, mais il obtempéra. « Fort bien, maintenant épelez chien. » Le jeune martyr hésita, mais l’autre reprit froidement : « Pas de timidité, vous avez bien fait avec l’autre mot. Il n’y a pas de raison ; la tâche est dure, mais vous y arriverez. » Notre jeune Job s’exécuta. « Parfait, voyons l’arithmétique. Combien font deux fois deux ? » Il est étonnant qu’il n’en reçut pas « deux » dans la figure, mais le jeune homme répondit. Lors de la séance du comité, ce responsable le recommanda
chaleureusement. « Il possède,
dit-il, d’excellentes références et j’ai testé avec grand soin son caractère.
De plus, je lui ai imposé une épreuve que peu auraient endurée. J’ai vérifié
son abnégation, sa maîtrise de soi et son humilité.Il peut épeler
« chat », « chien » et compter deux fois deux. Il fera un
excellent missionnaire. »
[1]
»
Que Dieu vous bénisse.
Montréal, 22 janvier 2005
|